TERRE - MODELAGE

Dès la préhistoire, l'homme a utilisé la terre pour façonner des objets utilitaires ou de culte. Les Egyptiens font aussi du moulage (masques mortuaires). Le travail de l'argile a traversé le temps et toutes les civilisations.

On modèle sur : argile, terre glaise, pâte à modeler/à sel, terre papier, auto durcissantes. Aussi, sur la cire

 

Les outils

Un outil magnifique : la main. On peut inventer ses propres outils. Ceux du commerce,

en bois de buis. L’eau, indispensable, évite le fendillement de la terre.

Donc, l’objet devra être constamment humidifié.

L'ébauchoir pour modifier des volumes (repousser, écraser, lisser…)

La mirette : à fil rond pour retraits de matière et former des creux.

Celle à lame coupante pour évider avant séchage.

Un fil à couper pour desceller une pièce d’un support, trancher la terre.

Le rouleau pour assouplir la terre, coller des blocs, faire des plaques.

Un compas, plutôt courbe, pour comparer les épaisseurs et distances.

L’éponge pour maintenir la terre humide, la lisser.

La tournette, socle bois ou métal pour appréhender les volumes.

Techniques

La ronde bosse est un volume total, autour duquel on peut tourner (fait par accumulation ou retrait).

Le bas-relief présente un faible relief, le sujet restant engagé à mi-corps sur le fond. L’effet de profondeur est créé par une perspective simulée, des tailles décroissantes de personnages ou de décors.

Dans la demi-ronde-bosse ou de haut-relief, une partie du relief se détache du fond. Isolée, la forme peut s'inscrire dans des médaillons ou creux, orner des linteaux, poteaux, pilastres (ex. une frise).

La technique de médaille ou camée utilise un relief très discret s'apparentant plus à la gravure, souvent d'un à quelques dixièmes de millimètres d'épaisseur seulement.

Fabrication

Modelage ou façonnage principalement à la main,

puis avec des outils pour les détails, en retirant ou ajoutant de la matière

ou en déformant le matériau.

Un modelage peut être une œuvre définitive,

un travail préparatoire à une sculpture ou servir à un moulage.

Dans l'industrie automobile, on en réalise des maquettes.

 

Ici, le travail à l’Atelier Modelage de la Satc, le vendredi après-midi.

 

 

Plaque : façonnée avec un rouleau puis assemblage en mouillant (base d’un futur bas relief ou autre volume). En les mélangeant, on obtient des terres mêlées (d’égale teneur pour la cuisson).

Colombinage : on roule une boule de pâte sous les doigts, plus ou moins long ou épais. On enroule et superpose ces colombins un à un, pour créer des volumes.

Au tour, mise en forme par la combinaison de la vitesse du tour et des mains du tourneur ou potier.

L’évidement

Dès consistance de cuir (presque sèche), la sculpture est coupée en deux. On vide la avec une mirette coupante, gardant une épaisseur constante aux parois (2 cm). Les deux parties sont soudées avec une « colle » dite barbotine (pâte molle argile+eau). On étale la barbotine en couche assez fine, sur chaque bord à coller qui a été « guilloché » (légèrement hachuré). Puis, on assemble. Un petit colombin est mis sur la fissure pour la masquer.

 

Séchage

Pour travailler en plusieurs fois, on enveloppe la pièce avec un torchon mouillé. Un séchage lent évite les fissures. La pâte se rétracte au séchage (moyenne 3 à 6%) puis encore à la cuisson. Aussi, on prévoit toujours un modelage 10% plus gros que celui que l’on veut obtenir.

Cuisson

La cuisson dite "biscuit" ou "dégourdi", basse température jusqu’à 1000°, en « oxydation ».

Résultat : grain ouvert, reste poreux : pour faïence et Raku, prend l’enfumage.

L’émail est différent de celui du grès.

Montée en température très lente (environ 100°/h.).

La vapeur d'eau sise dans les molécules d'argile disparaît vers 500°.

On biscuite dans des fours à bois, au gaz ou à l’électricité.

 

Ici, le four électrique de Vongy, capacité 100l.,

mis à disposition de l’Atelier Modelage-Satc, par la ville de Thonon).

 

 

La cuisson haute température à 1300 : grésage, en « réduction ».

Résultat : grain fermé, résiste au gel : pour grés et porcelaine - émail spécial grès.

RAKU, cuisson rapide et surprenante

 

Technique de cuisson de poteries d’origine japonaise, utilisée autrefois lors de la Cérémonie du Thé, dont le rituel était étroitement lié à la philosophie Zen.

Une fois la pièce biscuitée (1ère cuisson dans four classique), on l’émaille par trempage ou au pinceau. Puis, la pièce est recuite dans un four spécial raku.

A environ 980°, le four est à température ambiante. Le choc thermique extrême provoque le tressaillage de l’émail.

A l’aide de grandes pinces métalliques, on extrait une à une les pièces, pour les plongées dans des récipients en métal. Elles y sont mises en contact avec de paille, sciure, papier… Couvercle mis, elles s’enfument.

L’enfumage confère aux pièces des reflets inattendus et de subtils réseaux d’un noir carbone.

La pièce, une fois refroidie, est lavée à l’eau et grattée, pour lui enlever les résidus d’enfumage

Les émaux de base du raku sont en nombre limité

(matériaux servant à la céramique ordinaire).

Ils fondent et se vitrifient entre 800°et 900°C.

Au Raku, il faut aimer la surprise,

car les résultats sont aléatoires, mais magnifiques !

 

Photos : Four spécial à raku,

ici dans un tonneau et divers émaux obtenus

© 2019 by  Philippe Garaude

SATC

6 Av St François de Sales, 74200 Thonon les bains

  • Facebook Social Icon
  • Pinterest Social Icon